Cinéphile m'était conté ...

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Provision de vieux films (Novembre/1)

Gardiens de phare, Jean Grémillon, 1928

Un gardien de phare et son fils sont bloqués par la tempête dans un phare au large de la Bretagne. Le plus jeune est atteint par la rage. Retrouvé en 1954, le deuxième long-métrage de Grémillon, après le remarquable Maldone, nécessiterait une restauration complète. Néanmoins, c'est déjà un miracle qu'il ait été retrouvé en 1954, même sans sa partition musicale (celle qui a été composée depuis est un peu anachronique mais excellente). Toujours, Jean Grémillon a chéri la mer et l'a formidablement filmée (Remorques, L'amour d'une femme). Cette adaptation d'une pièce de théâtre, scénarisée par Jacques Feyder, est à la fois naturaliste (à terre, sans exagérer l'aspect folklorique) et fantastique (en mer, avec hallucinations et climat presque horrifique). Tout le talent visuel de Grémillon dépasse le carctère hautement mélodramatique du récit. Ô rage, Ô désespoir.

 

Chèque au porteur, Jean Boyer, 1941

De retour du Mexique, l'héritier d'une belle fortune charge un porteur de la gare de se faire passer pour lui auprès de son dragon de soeur. Quiproquos à gogo dans ce "film gai" de Jean Boyer, le réalisateur le plus prolifique sous l'Occupation, chargé d'amuser une France sous la botte allemande. Chèque au porteur est un modèle du genre, d'une folle légèreté, emmené par la faconde de Lucien Baroux, le dilettantisme décontracté de Jean Tissier et la sévérité de l'incomparable Marguerite Pierry. Un divertissement sans prétention, parfois asseaz audacieux sur le plan moral, que l'on imagine projeté dans les salles de cinéma de l'année 1941, faisant oublier à ses spectateurs la rudesse des temps.

 

Les réprouvés, Jacques Séverac, 1937

Dans un fort du désert saharien, une troupe de légionnaires est attaquée par des rebelles. Les renforts se font attendre. Inévitable comparaison avec La bandera de Duvivier et elle n'est pas au profit de Jacques Sévérac. Scénario chiche, interprétation vague et scènes d'action piteuses. Et que vient faire une femme (amoureuse) au milieu de cette chienlit, on ne le demandera pas. Il y a un côté western dans le film avec des arabes jamais identifiés en lieu et place des indiens. Bizarrement, tout ne se termine pas par un Happy End, bien au contraire. C'est la seule originalité de ce long-métrage sans grand intérêt, pas même le jeu de Jean Servais.

 



03/11/2020
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