Guirlande de vieux films (Août/4)
Les anciens de Saint-Loup, Heorges Lampin, 1950
11 ans plus tard, d'anciens collégiens se retrouvent, appelés par le directeur de leur école qui menace ruine. Un grand coup de nostalgie dès le début du film auprès de personnages qui n'ont pas oublié leur adolescence. Les portraits ne sont qu'esquissés à grands traits, hélas, et s'y ajoute un meurtre qui vient comme un cheveu sur la soupe et qui d'ailleurs ne suscite guère l'affliction des anciens de Saint-Loup, quels qu'aient pu être leurs sentiments à l'égard de la défunte. Le film fait montre de sentimentalité, en revanche, dans un dénouement larmoyant. Sans vraie direction ni objet, si ce n'est la fidélité à l'enfance envolée, Les anciens de Saint-Loup marque les limites de Georges Lampin, qui avait pourtant débuté brillamment avec une belle version de L'idiot; quelques années plus tôt. Blier, Périer, Reggiani, Larquey et la douce Odile Versois, chacun joue sa partition sans fausses notes, mais aussi sans éclat.
Le pays sans étoiles, Georges Lacombe, 1946
A un siècle de distance, les protagonistes réincarnés d'un drame revivent les mêmes passions qui les conduisent à un dénouement similaire. Premier rôle en vedette de Gérard Philipe qui a déjà triomphé au théâtre (mais pas au cinéma ce qui explique que son nom soit très bas sur l'affiche). La vérité est qu'il est encore un peu vert et que sa prestation dans Le pays sans étoiles ne vaut pas tripette. Pierre Brasseur n'est d'ailleurs gère meilleur dans un rôle extraverti où il en fait beaucoup. Héritant du personnage le plus intéressant, Jany Holt est elle remarquable et constitue la plus grande satisfaction du film. On ne sait ce que vaut le roman fantastique original de Pierre Véry mais son adaptation est très décevante, venant d'un réalisateur de bonne valeur comme Georges Lacombe. L'atmosphère prétendument magique n'y est pas du tout et la musique est bizarrement envahissante, surtout quand les climat est au romantisme. L'effet est désastreux.
Ademaï au Moyen-âge, Jean de Marguenat, 1934
Alors que Jeanne d'Arc vient de libérer Orléans, le pauvre Ademaï se trouve mêlé aux combats entre anglais et français. Le personnage d'Ademaï est apparu pour la première fois dans un court-métrage de 1932, sous les traits de Noël-Noël. Cette pochade médiévale n'a que peu d'intérêt avec son acteur principal qui joue un benêt malheureux en amour avec une absence de talent mémorable. Michel Simon dans un rôle d'anglais et Tino Rossi dans celui d'un ménestrel ne relèvent pas le niveau. Riait-on vraiment en 1934 des mésaventures de cet idiot qui finira par rejoindre l'armée de la pucelle ? Il faut le croire puisque Ademaï réapparaîtra encore deux fois au cinéma, sous l'Occupation et après-guerre.
Ophélia, Claude Chabrol, 1963
Garçon excessif et entier, Yvan a très mal vécu le remariage de sa mère avec le frère de son père décédé quelques mois plus tôt. L'une des rares transpositions de Shakespeare dans le cinéma français. Qui montre qu'on fait pas d'Hamlet sans casser des oeufs, pour un résultat qui laisse pour le moins circonspect. Le thème du film n'est pas si loin des préoccupations habituelles du cinéaste qui tire à boulets rouges sur la bourgeoisie de province mais l'emphase théâtrale de l'ensemble est peu convaincante. Il y a une certaine atmosphère, délétère, mais Ophélia met en place des sous-intrigues totalement inexploitées (la grève des ouvriers) et cherche la bizarrerie et l'afféterie à tout prix. Le comédien principal, André Jocelyn, est atroce et les seconds rôles guère plus brillants, la grande Alida Valli n'ayant que des miettes de dialogues à sa disposition. Sans doute l'un des moins Chabrol, à découvrir malgré tout par curiosité.
Un soir sur la plage, Michel Boisrond, 1961
Un écrivain en villégiature rencontre un soir une belle jeune femme sur la plage. Le lendemain, elle est retrouvée assassinée. De Michel Boisrond, on ne saurait attendre beaucoup et ce polar est assez inoffensif avec sa tentative fort laborieuse d'installer une certaine atmosphère en huis clos dans une villa de la Côte d'Azur. Chabrol aurait sans doute fait quelque chose de ce sujet que Boisrond traite sans beaucoup de personnalité. Jean Desailly et Martine Carol assurent le minimum syndical, sans éclat, Geneviève Grad et Daliah Lavi sont agréables à regarder mais c'est du côté de Rellys et surtout de Michel Galabru qu'il faut chercher pour trouver de bonnes raisons de regarder tranquillement ce film réalisé avec une grande platitude.
A découvrir aussi
- Cueillette de vieux films (Juin/1)
- Carrousel de vieux films (Avril/2)
- Carrousel de vieux films (Mai/2)
Inscrivez-vous au blog
Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour
Rejoignez les 51 autres membres