Grappillage de vieux films (Août/3)
La vie privée d'un sénateur (The Seduction of Joe Tynan), Jerry Schatzberg, 1979
Le sénateur Joe Tynan est à un moment clé de sa vie de politicien. Quitte à sacrifier sa vie familiale ou non ? Le film est sans nul doute moins estimé que les précédents de Jerry Schatzberg (Portrait d'une enfant déchue, L'épouvantail, Panique à Needle Park). Il est vrai qu'il peut paraître ennuyeux pour ceux que la politique américaine indiffère. Dommage car le film est très subtil dans son dosage entre vie publique (compromissions, coups bas) et privée. Le portrait de Joe Tynan est nuancé : un type sympathique et ambitieux mais arriviste. Le scénario est le premier écrit par Alan Alda et il est de belle facture, rehaussé par sa propre interprétation et celles de Barbara Harris et de Meryl Streep. Du beau travail.
Le bébé de mon mari (That's my Man), Frank Borzage, 1947
Joe laisse tomber son travail de comptable pour élever un poulain et en faire un cheval de course. Il est communément admis que la production de Borzage dans les années 40 est faible par rapport aux décades précédentes. Le bébé de mon mari est l'un des moins connus de cette période et n'est certainement pas impérissable. La faute à un scénario convenu en montagnes russes : la montée, la chute, la remontée. Le réalisateur semble peu s'intéresser aux chevaux et au péché mignon de Joe, à savoir le jeu. Seul compte, et on le reconnait bien là, l'amour dans un couple, qui a à vaincre bien des obstacles. Il y a de très jolies scènes au début, une tendresse continuelle envers les personnages et une excellente interprétation de l'impeccable Don Ameche. C'est déjà cela.
La conspiration des condamnés (Zagovor Obrachyonnykh), Mikhaïl Kalatozov, 1950
Dans un pays indéterminé, une alliance des politiques et des religieux tente de faire disparaitre le courant communiste soutenu par Moscou. C'était un temps où le cinéma de propagande tirait ses cartouches à l'ouest comme à l'est. Kalatozov, qui n'avait pas encore signé Quand passent les cigognes, signe ici le pire film du genre, dans le sens où les attaques contre le Plan Marshall, l'Eglise et, bien entendu, l'impérialisme américain sont dénuées de toute subtilité dans un scénario invraisemblable où seule l'amitié soviétique est valorisée. C'est stupéfiant de naïveté et très grossièrement fait, même en tenant compte du climat de l'époque.
Vive la musique (Wir machen Musik), Helmut Käutner, 1942
Un compositeur d'opéra frustré épouse une chanteuse dont le succès va croissant. L'harmonie du couple s'en ressent. Une oeuvre de jeunesse de Helmut Käutner, tournée en pleine seconde guerre mondiale, qui tente de retrouver la gaieté des comédies musicales américaines. Le film manque de panache dans ses numéros chantés et dansés mais les dialogues sont vifs et le duo formé par Ilse Werner et Viktor de Kowa pétille. Aucune trace de propagande dans ce métrage qui n'avait d'autre but que divertir la population allemande au milieu de la guerre.
Quand la femme s'en mêle, Yves Allégret, 1957
Maine a quitté un caïd de la pègre pour un autre. Sur ce, l'ex mari et la fille de la susdite débarquent à Paris. Moins bath que Touchez pas au grisbi pour sûr mais une honnête série B mise en scène de manière nonchalante par Yves Allégret. Le bonheur est dans la distribution et surtout l'ancienne génération avec le trio Feuillère, Blier, Servais. Les jeunes pointent le bout du nez -Cremer, Delon, Daumier, Lefevre- mais le moins que l'on puisse dire est qu'ils sont encore loin d'être à la hauteur des anciens.
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