Cinéphile m'était conté ...

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Gerbe de vieux films (Décembre/1)

La huitième porte (Osma vrata), Nikola Tanhofer, 1959

Osma vrata (La huitième porte) est l'un des rares films yougoslaves consacrés à l'occupation de guerre qui ne puisse être considéré comme instrument de propagande. Un an après son chef d’œuvre H-8, Nikola Tanhofer tourne ce suspense hitchcockien, autour d'un type ordinaire, un professeur d'université à la retraite, qui ne s'est jamais mêlé de politique mais qui se retrouve face à un dilemme, ayant récupéré par hasard un carnet précieux pour la Résistance. Le film capte à merveille son quotidien d'homme sans histoires, avant d'être confronté à la police de Belgrade, aux ordres des Allemands. Ce n'est pas le portrait d'un héros mais celui d'un individu banal et pas très courageux, qui pourrait tout aussi bien prendre une mauvaise décision. Belle maîtrise de Tanhofer, réalisateur peu prolixe avec seulement 7 longs-métrages à son actif.

 

Trois (Tri), Aleksandar Petrovic, 1965

Moins connu que J'ai même rencontré des Tziganes heureux ou Le maître et Marguerite, Trois a tout de même été nommé à l'Oscar du meilleur film étranger et témoigne de la puissance de la mise en scène d'Aleksandar Petrovic. Il est composé de trois récits, qui symbolisent respectivement le début, le cœur et la fin de la seconde guerre mondiale en Yougoslavie. Le personnage principal est tour à tour témoin, fugitif et décideur, avec à chaque fois la mort qui le frôle , sans l'atteindre directement. Cruauté de la guerre mais aussi son côté absurde sont évoqués dans une économie de moyens, notamment en ce qui concerne les dialogues, qui n'empêche pas une véritable intensité dans la mise en place des situations. Petrovic ne fait surtout pas acte de propagande, ce qui est à souligner au sein d'un cinéma yougoslave des années 50 et 60 qui a souvent mis l'accent sur l'héroïsme des partisans, et raconte au contraire la difficulté de rester un être humain dans un contexte qui ne l'est pas. Chacun des segments du film marque l'impuissance de son personnage principal, obligé de subir des événements qui attentent à la dignité de l'homme, alors que lui a la chance de pouvoir survivre.

 

Mirno leto, Dimitrie Osmanli, 1961

Première comédie répertoriée du cinéma macédonien, Mirno leto (Un été paisible) est resté populaire depuis sa sortie et a bénéficié récemment d'une restauration. Le film donne une bonne idée de ce à quoi ressemblait la vie quotidienne, au début des années 60, à Skopje et surtout à Ohrid, le site touristique dont les Macédoniens sont le plus fiers, à juste titre, avec sa situation idyllique, sur les rives du lac éponyme. L'intrigue du film, elle, se veut légère, sur le thème universel des perturbateurs et des parasites qui empêchent un couple bien comme il faut de passer trois mois de vacances tranquilles. Le tout, dans un esprit très bon enfant.

 



24/12/2023
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