Faisceau de vieux films (Mars/3)
Tistega lepega dne, France Štiglic, 1962
Une vraie comédie sociale, aux accents presque italiens, qui se déroule dans un petit village slovène, en 1930. Avec son écriture limpide, qui ne perd jamais de vue son intrigue principale, le film aménage de l'espace pour des personnages hauts en couleur (la jolie femme installée à Milan, le curé mélomane, les 4 fillettes du veuf, les commères de la bourgade, etc). Sans oublier quelques jeunes fascistes, ridiculisés à maintes reprises. Au bout d'une série d'événements plus ou moins burlesques, le long métrage se termine sur une note de comédie romantique.
L'homme à détruire (Čovjek koga treba ubiti), Veljko Bulajić, 1979
Le couronnement d'un faux tsar au Monténégro, en 1767, est historique mais Veljko Bulajić s'en sert pour concocter une intrigue fantastique de laquelle Satan, en personne, tire les ficelles. Ce qui nous vaut une visite guidée, dantesque, de l'enfer, avant une leçon de géopolitique de l'époque, assez fidèle, puisque le faux tsar vainquit ses ennemis, les Ottomans et les Vénitiens, avant de finir assassiné (par son barbier, dans la réalité). Le film, très singulier dans le cinéma yougoslave, s'amuse avec la vérité historique, avec beaucoup d'aplomb et un certain talent, titillant la censure dans une poignée de scènes érotiques et la caressant dans le sens du poil avec une satire des agissements de l'Eglise. Incongru mais pas inintéressant, de la part d'un réalisateur surtout connu pour ses récits épiques de la seconde guerre mondiale.
Miss Stone (Mis Ston), Živorad Mitrović, 1958
Le film de Živorad Mitrović raconte l'histoire peu connue de la résistance macédonienne, au tournant du XXe siècle, contre l'Empire ottoman, à l'influence déclinante. L'affaire d'enlèvement qui implique une missionnaire protestante américaine, la dénommée Miss Stone, est relatée en respect de la réalité historique, même s'il s'agit évidemment de célébrer le courage de ces partisans, des villageois, face à la cruauté et à l'inhumanité de la puissance turque occupante. Le syndrome de Stockholm agit à plein dans un film soigné et doté de quelques moyens pour montrer les combats pour la liberté avec un certain sens du spectacle.
A découvrir aussi
Inscrivez-vous au blog
Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour
Rejoignez les 51 autres membres