Faisceau de vieux films (Mars/2)
Ce n'était pas en vain (Nije bilo uzalud), Nikola Tanhofer, 1957
Premier long métrage de Nikola Tanhofer, un an avant son plus grand film, H-8. Ce drame rural, sous fond de superstitions, avec la présence d'une "sorcière", dont les remèdes s'opposent à ceux d'un jeune médecin récemment débarqué est d'une grande noirceur. Les morts se succèdent, dans une ambiance moite, due aux marais insalubres qui dominent le paysage. Si quelques clichés sont à souligner (la femme du praticien qui s'ennuie, l'alcool largement consommé), le film convainc par son atmosphère malsaine et une utilisation particulièrement efficace du noir et blanc et des bruits de la nature hostile. Tanhofer n'a réalisé que 9 films mais c'est un cinéaste à (re)découvrir.
La chasse au cerf (Lov na jelene), Fadil Hadžić, 1972
Lov na jelene aborde l'un des tabous de la Yougoslavie socialiste, la question des émigrés politiques, considérés comme traîtres à la patrie, quelle que soit leur part prise dans l'Etat fasciste pro-allemand de Croatie (1941-1945). Le film décrit avec précision combien les événements survenus plus d'un quart de siècle plus tôt contaminent toujours la vie dans une petite bourgade de Yougoslavie, alors qu'un émigré revient dans sa ville natale. Un scénario parfaitement écrit, une interprétation remarquable et une mise en scène au cordeau font de ce film un classique du cinéma yougoslave et l'une des réussites de Fadil Hadžić, cinéaste dont la popularité s'est surtout construite avec ses comédies.
Vesna, František Čáp, 1953
Plus de 70 ans après sa sortie, la fraîcheur naïve de Vesna, film réalisé en Slovénie par le réalisateur d'origine tchécoslovaque, František Čáp, reste intacte. Il est vrai qu'à l'époque de l'après-guerre, le cinéma yougoslave se caractérisait surtout par des récits héroïques, mettant en valeur les combats des partisans. Point de cela dans cette insouciante chronique d'un printemps à Ljubljana où les étudiants se dévergondent dans l'attente des examens, où les jeunes filles rêvent d'amour et où les parents ne comprennent rien à la nouvelle génération. Un vent d'optimisme et de gaieté souffle sur un film qui figure toujours parmi les plus populaires dans les pays de l'ex-Yougoslavie (Note de 8,1/10 sur le site IMDB).
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