Faisceau de vieux films (Mars/1)
Diaries of the kamikaze (Â doki no sakura), Sadao Nakajima, 1967
En octobre 1943, alors que le Japon subissait des revers dans le Pacifique, 100 000 étudiants furent enrôlés dans l'armée. Parmi eux, certains devinrent des pilotes kamikazes. Le film de Nakajima, qui comporte de nombreux passages d'archives, montre trois de ces étudiants, forcés de suivre une formation et "volontaires" contraints pour l'ultime sacrifice. La mise en contexte est plutôt réussie, montrant la brutalité de l'armée mais aussi le doute de recrues quant à la victoire finale du Japon. Moins convaincantes sont les scènes familiales, très sentimentales, alors que le film essaie malgré tout de faire comprendre, sinon justifier, ces missions suicidaires qui se révélèrent en définitive aussi inutiles que criminelles, pour une partie de la jeunesse du pays.
The Passionate Spinster (Kekkon sôdan), Kô Nakahira, 1965
Shimako a 30 ans et n'est toujours pas mariée, ce qui la rend malheureuse et suspecte aux yeux de son entourage. Elle se résout à faire appel à une agence matrimoniale mais celle-ci se révèle une entreprise malhonnête et Shimako tombe de Charybde en Scylla. Cette satire de la société japonaise du milieu des années 60, conservatrice, se révèle mordante à souhait, faisant fi d'une certaine morale, au passage, et dressant un portrait sans aménité de la condition féminine à l'époque. Omniprésente dans le film, la charmante Izumi Ashikawa (89 ans, aujourd'hui) se révèle très douée dans tous les registres. Elle a tourné autour de 70 films, entre 1953 et 1968, notamment sous la direction de Nakahira, Kurahara, Masuda et Suzuki.
La grande muraille (Shin shikôtel), Shigeo Tanaka, 1962
A l'instar des productions hollywoodiennes épiques de la même époque, La grande muraille présente une ambition démesurée, celle de raconter la vie du premier empereur de Chine, Qin Shi Huang, plus de deux siècles avant J.C. S'il réussit l'unité des différentes provinces chinoises et prit de nombreuses mesures positives, il est surtout connu pour sa tyrannie, qui lui valut la haine de son peuple, dans un règne marqué notamment par des autodafés de livres et la construction de la grande muraille de Chine, qui fit des victimes innombrables. Le film de Shigeo Tanaka semble suivre assez fidèlement le récit de l'existence de l'empereur, tout en accordant une large place aux combats et à la romance. Les dialogues sont assez ridicules et la grandiloquence de l'ensemble digne d'un mauvais péplum. Ayako Wakao défend avec opiniâtreté son maigre rôle et parvient, pour un temps, à redonner de la flamme à un métrage bien trop long (160 minutes) et emphatique.
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