Faisceau de vieux films (Janvier/2)
El crimen de la calle de Bordadores, Edgar Neville, 1946
En ces temps difficiles de 1946, sous la dictature de Franco, un film comme El crimen de la calle de Bordadores montre que le spectacle de divertissement pouvait se parer de qualités qui en font aujourd'hui un véritable classique. Dans cette affaire d'assassinat d'une vieille dame riche, Edgar Neville s'amuse habilement avec les retours en arrière, surprend avec un twist final, joue avec une pincée d'humour noir et un soupçon de mélodrame. Mais c'est surtout un tableau très vivant de la société madrilène au tournant du XXe siècle.
A hierro muere, Manuel Mur Oti, 1962
Une coproduction entre l'Espagne et l'Argentine, fortement influencée par Hitchcock, avec un verre de lait qui joue un rôle primordial, et Clouzot (le film a été exploité sous le titre Les démoniaques, au Canada). Un bon film noir, avec les habituels ingrédients du genre, où un crime peut en cacher un autre et où les deux coupables jouent au chat et à la souris, non seulement avec la police, mais aussi entre eux, pour se disculper. Mise en scène au cordeau de Manuel Mur Oti, dont on n'oublie pas qu'il a signé l'extraordinaire Cielo negro, et interprétation presque parfaite.
Vida en sombras, Lorenzo Llobet-Gracia, 1949
Grâce à la filmothèque de Barcelone, qui l'a restauré en 2012, Vida a sombras, l'unique long métrage de Lorenç Llobet Gràcia a pu renaître, dans la version voulue par le réalisateur, avant les coupes exigées par la censure franquiste. L'histoire est inspirée de la propre existence du cinéaste, fou de cinéma depuis son enfance et précurseur, d'une certaine façon, du cinéma d'auteur. Le film consacre une grande place à la guerre civile, sans prendre parti, et penchant même du côté de la gauche, ce qui lui a valu d'être tronqué et pratiquement pas distribué dans les salles espagnoles, avant d'être exhumé bien des années plus tard. Dégoûté, Llobet Gràcia, a définitivement abandonné le cinéma au début des années 50. Vidas en sombras, dans lequel plusieurs extraits de films des frères Lumière, de Chaplin et d'Hitchcock sont montrés, est désormais un grand classique du cinéma espagnol et le mérite amplement.
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