Défilé de vieux films (Août/3)
Testaments de femmes (Jokyô), Yasuzo Masumura, Kon Ichikawa, Kozaburo Yoshimura, 1960
Un film à sketches, regroupant les talents de réalisateur de Masumura, Ichikawa et Yoshimura, cela éveille forcément la curiosité. Ce triptyque, composée d'histoires distinctes, possède des traits communs dans ses récits autour de femmes manipulatrices et vénales qui finissent par être victimes de leur propre jeu. A cause de l'amour qui les rend finalement plus vulnérables qu'elles ne le semblent de prime abord. Le segment réalisé par Kon Ichikawa est sans doute le plus brillant des trois mais ils ont tous une superbe actrice en vedette (Ayako Wakao en tête) et un ton particulier entre légèreté et mélodrame qui moque plutôt qu'il ne condamne les agissements de ces femmes ambitieuses à l'ego prononcé.
Pays de neige (Yukiguni), Shirô Toyoda, 1957
Belle adaptation du roman de Kawabata, tout en finesse, sur un amour impossible et néanmoins enneigé. C'est un mélodrame mais relativement zen où les sentiments n'ont pas besoin d'être exprimés sur tous les toits. Shirô Toyoda est un excellent cinéaste mais l'on se prend à rêver de ce qu'un Mikio Naruse aurait fait de cette histoire, en resserrant l'intrigue, avec un montage plus dynamique, qui aurait effacé les quelques longueurs que compte Pays de neige. Néanmoins, l'on ne peut être indifférent à la splendeur des paysages d'hiver et à la mélancolie qu'ils engendrent, dans ce récit qui prend tout son temps et tout le talent de ses deux protagonistes principaux, pour s'installer.
Freezing Point (Hyoten), Satsuo Yamamoto, 1966
Yoko a été adoptée par un couple dont la petite fille a été assassinée. Le vrai père de cette dernière est le meurtrier de Yoko, ce que sa nouvelle mère ignore car c'est la vengeance de son époux qui a été cocufié (ah oui, quand même !). Le film expose les faits en 1/4 d'heure chrono avant de prendre son temps pour étudier l'atmosphère délétère à l'intérieur d'une famille où les secrets se dévoilent les uns après les autres. Hyoten est constamment à la limite du mauvais mélodrame mais n'y tombe pas tout à fait grâce à une mise en scène puissante et à une interprétation hors pair (Ayako Wakao dans un rôle monstrueux). Un twist de dernière minute donne encore de nouvelles couleurs à ce film d'un romanesque vénéneux, pas très réaliste, évidemment, mais d'une force psychologique étonnante.
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