Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Fagot de vieux films (Août/4)

Furin, Shigeo Tanaka, 1965

Théoricien esthétique des relations sexuelles, fermement opposé au mariage, un écrivain mène de front deux liaisons, sans état d'âme. Quand ses deux maîtresses s'installent chez lui et deviennent très liées, il se retrouve piégé dans ce triangle amoureux. L'amoralité joyeuse et légère du film fait merveille dans des dialogues enlevés qui font oublier une mise en scène assez pâle. On y parle de sujets importants avec une liberté de ton étonnante : avortement, suicide, homosexualité. Cerise sur le gâteau, Ayako Wakao est tout bonnement resplendissante.

 

Goodbye, Hello (Anata to watashi no aikotoba : Sayônara, konnichiwa), Kon Ichikawa, 1959

Une jeune femme qui s'interdit de se marier pour ne pas laisser seul son père, veuf et sans emploi, ce n'est pas la première fois que l'on voit cela, dans un film japonais. Mais dans Goodbye, Hello, ce n'est que l'un des aspects d'une intrigue qui évolue entre une demi-douzaine de personnages, dans une véritable ronde des sentiments, chacun d'entre semblant amoureux sans réciprocité. Une comédie vive et joliment dialoguée, qui voyage d'Osaka à Tokyo, et dans laquelle Ayako Wakao, une fois de plus, touche au sublime par son talent et sa beauté (dixit quelqu'un qui a depuis longtemps perdu de son objectivité vis-à-vis de l'actrice). Un Ichikawa mineur, bien évidemment, mais plein de vie et nuancé d'une petite touche de mélancolie, qui s'attache aux femmes japonaise modernes, actives et un brin américanisées, de la fin des années 50.

 

Sogeki, Hiromishi Hirokawa, 1968

Il n'y a qu'un seul moment où le héros de Sogeki se sent véritablement vivre, c'est quand il exerce son talent de tueur et peu importe quelle est la cible. Ce thriller de Hiromishi Hirokawa, ancien assistant de Kurosawa, n'a rien d'extraordinaire mais n'est pas dénué d'intérêt non plus. Une petite amie et un tueur adverse ajoutent du piment à ce film existentialiste (une citation de Camus le clôt) qui se permet quelques brèves diversions poétiques ou psychédéliques. L'acteur principal, Yûzô Kayama, vu notamment dans Barberousse et, par ailleurs, chanteur de rock, est absolument parfait dans un rôle terriblement melvillien de meurtrier au sang froid.

 



17/08/2024
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