Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Récolte de vieux films (Août/3)


Amour 65 (Kärlek 65, Bo Widerberg, 1965)
On appelle cela un film très personnel. Widerberg y parle de son métier de cinéaste, de sa vie conjugale, de son infidélité, de son amour des cerfs-volants... Le tout, au fil de saynètes qui font un bout à bout évanescent et peu passionnant. Antonioni et Godard sont cités à plusieurs reprises. OK, mais on aurait quand même aimé que le film ait un véritable scénario.

 


Tom Foot (Fimpen, Bo Widerberg, 1974)
Etrange film en vérité. Un conte pour enfants filmé de façon très réaliste sur un scénario impossible à avaler. Soit donc l'histoire d'un gamin de 6 ans, devenu star de l'équipe nationale de foot suédoise, et qui la qualifie pour la Coupe du monde en Allemagne. Avec la participation de vrais joueurs (dont un certain Roger Magnusson, cher aux marseillais) et des extraits de match réels. Widerberg ne s'attarde pas sur la psychologie et use d'un humour à froid assez efficace. Le jeune héros du film est particulièrement inexpressif et donne un aspect quasi abstrait à cette fable invraisemblable. N'empêche que c'est amusant à regarder.

 


Vive la République (At' zije Republika, Karel Kachyna, 1965)
Présent, passé et fantasmes se mélangent au gré de l'imagination d'un jeune tchèque pris dans la tourmente de la guerre, entre retraite allemande et avancée russe. Le dosage réalisme/onirisme fonctionne pendant une heure avant de s'essouffler. Trop systématique. L'oeuvre de Karel Kachyna, dominée par L'oreille (1970), est riche de plus de 80 films. A suivre donc...

 


Le pavillon d'or (Enjo, Kon Ichikawa, 1958)
En 1950, un incendie criminel détruit le Pavillon d'or de Kyoto, véritable trésor national. Le coupable est un jeune bonze bègue. Mishima écrit un roman sur le sujet, transposé à l'écran par Ichikawa. Les amoureux du livre sont en général déçus par cette adaptation, construite comme un millefeuille de flashbacks, qui reste finalement vague sur les motivations du forfait de ce novice, épris de beauté, déçu par sa propre personne et la vulgarité du monde qui l'entoure, prêtres compris. Cela donne tout de même un beau film, austère, dans l'atmosphère particulière du Japon de l'après-guerre. Et le plus célèbre d'Ichikawa avec La harpe de Birmanie et La vengeance d'un acteur.

 


Le piège (Otoshiana, Hiroshi Teshigahara, 1962)
Kobo Abe + Hiroshi Teshigahara = La femme des sables. Oui, mais avant cela, leur collaboration avait débuté avec Le piège, premier long-métrage du cinéaste nippon. L'histoire d'un type qui se demande bien pourquoi il a été assassiné. Il est mort, invisible au monde des vivants, ce qui ne l'empêche pas d'être très en colère et bien décidé de voir son meurtrier châtié. Ce n'est qu'un début, les choses vont devenir de plus en plus étranges : un viol, un meurtre, et ..., pas mal de fantômes dans la nature. La fascination que le film exerce tient de son traitement au premier degré alors que le scénario devient de plus en plus bizarre quoique logique dans son extravagance. De la très belle ouvrage, qui donne envie de poursuivre avec Teshigahara.



16/08/2011
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