Cinéphile m'était conté ...

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Grappillage de vieux films (Juin/2)

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Faisons un rêve ..., Sacha Guitry, 1936
Un avocat séduit une femme mariée et l'entraîne chez lui. Mais ils s'endorment au lit et le lendemain midi il leur faut prendre une décision. Quatrième film tourné par Guitry, cette adaptation de sa pièce éponyme est basé sur le classique triangle amoureux dont l'argument est digne du théâtre de boulevard. Sauf que les dialogues sont signés de Guitry et que l'interprétation des trois presque uniques personnages, après un prologue où l'on reconnait Arletty et Michel Simon, est assurée par Raimu, Sacha, et sa nouvelle femme Jacqueline Delubac. Les dialogues sont délicieux et la caméra agile. Plus que du théâtre filmé, véritablement, même si le tour de force vient du débit mitraillette de Guitry, notamment dans un monologue d'anthologie.

 

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Le mystérieux docteur Clitterhouse (The amazing Dr. Clitterhouse), Anatole Litvak, 1938
L'étude de la criminologie amène le docteur Clitterhouse à fréquenter des truands et même à participer à des vols. Tiré d'une pièce anglaise et coscénarisé par John Huston, le film est le troisième que tourne Litvak en Amérique. L'argument de l'infiltration de la pègre est vieux comme le cinéma mais ici le traitement est pour le moins curieux. Il faut du temps pour s'apercevoir qu'il s'agit d'une véritable comédie noire qui ne transige cependant pas sur le suspense. Edward G. Robinson est assez incroyable en médecin monomaniaque dont la distinction entre le bien et le mal n'est pas très claire. Claire Trevor n'a qu'un rôle d'appoint de même que Bogart mais celui-ci régale en méchant comme une teigne. C'est ce même brillant trio d'acteurs que Huston utilisera dans son Key Largo.

 

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Sallah Shabati, Ephraim Kishon, 1964
Une famille juive originaire du Yémen arrive en Israël au milieu des années 50. Elle est logée dans une pauvre masure dans un camp d'immigrants tout proche d'un kibboutz. Il s'agit du premier film d'Ephraim Kishon jusqu'alors connu comme écrivain. Réalisé avec peu de moyens, il connut un succès immense en Israël et en dehors du pays jusqu'à une nomination aux Oscars. Cette satire des premières années de l'état hébreu ne brille pas par sa mise en scène mais par ses dialogues acérés et son comique de situation, dans une tradition méditerranéenne. Le sens de l'absurde y est très développé et la critique des us et coutumes de la vie au kibboutz féroce. Tout cela reste bon enfant et se révèle a posteriori comme un excellent document sur la société israélienne du milieu du XXe siècle.

 

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Les treize (Trinadtstadt), Mikhaïl Romm, 1937
En 1920, un détachement de onze soldats démobilisés de l'Armée rouge, accompagné de deux civils, avance dans le désert à la recherche d'un point d'eau. Ils sont encerclés par un groupe important de bandits. Le film est une commande pour célébrer le vingtième anniversaire de la révolution d'octobre et s'inspire du scénario de La patrouille perdue de John Ford. La morale en est limpide après le sacrifice de tous les hommes sauf un : le collectif primera toujours sur l'individuel. Mikhaïl Romm, dont c'est le deuxième film après l'adapatation de Boule de suif, fait le travail sans enthousiasme particulier pour un résultat sans éclat. Il se rattrapera plus tard, notamment avec Neuf jours d'une année.

 

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Quand je serai mort et livide (Kad budem mrtav i beo), Zivojin Pavlovic, 1967
Dzimi vagabonde en Serbie, avec pour seul objectif de ne pas travailler. Il se présente à un concours de jeunes chanteurs mais échoue pitoyablement. Le film est devenu culte à sa reprise en 1990 car très ancré dans la réalité de la Yougoslavie au moment du prétendu boom économique qui consistait à industrialiser les zones rurales sans rime ni raison avec de généreux capitaux étrangers. Le film est cahoteux et nihiliste se moquant allègrement de l'armée, du pouvoir et même des masses populaires. La rébellion du héros est pathétique illustrant un sentiment de no future qui accompagnait la génération yougoslave de ces années-là.



07/06/2016
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