Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Défilé de vieux films (Février/2)

Sexe fou (Sessomatto), Dino Risi, 1973

Une suite de sketches pour un résultat relativement inégal. Ce qui est constant, c'est la beauté sensuelle de Laura Antonelli et le génie comique de Giancarlo Giannini. On est assez souvent proche des Monstres et l'un des segments annonce Affreux, sales et méchants. A retenir surtout celui qui utilise le personnage d'un travesti pour passer un message très fort contre l'homophobie et un autre, étrange mais pénétrant, qui évoque un dépôt dans une banque de sperme. Pour le reste, désirs et frustrations sont accommodés à toutes les sauces, une bonne manière de railler la virilité du mâle italien.

 

Ma femme est un violon (Il merlo maschio), Pasquale Festa Campanile, 1971

Un violoncelliste anonyme et transparent s'aperçoit qu'il devient enfin important quand il exhibe la nudité de son épouse. Une comédie érotique scabreuse et assez agressive comme les italiens en avaient le secret. Même si le film donne souvent l'impression d'être essentiellement un hymne aux courbes de Laura Antonelli, beauté callipyge incontestable, il y a bien un scénario dans Ma femme est un violon (violoncelle aurait été plus exact ou violonsexe, qui était le titre initial en français, rejeté par la censure). Une farce qui pousse très loin le délire obsessionnel de son protagoniste, un peu trop même, et pénalisé par le jeu de Lando Buzzanca dans un rôle ou un Tognazzi, un Sordi ou un Gassman auraient fait merveille. Mais il y a la merveilleuse Laura Antonelli, pas mauvaise actrice d'ailleurs, qui commence à se spécialiser dans l'érotisme.

 

Obsédé malgré lui (All'onorevole piacciono le donne), Lucio Fulci, 1972

Un sénateur, candidat à la présidence de la République, fait l'objet d'un chantage car il ne peut s'empêcher d'avoir les mains baladeuses. Nous voici dans une grosse farce politique qui ne fait pas dans la demi-mesure. La mafia et l'Eglise sont de la partie, tout le monde étant allègrement corrompu. S'y ajoute une dimension érotique qui vient brouiller le message dans un récit désordonné où la satire, pas très drôle, se révèle très souvent vulgaire et parfois confuse. Il est vrai que le film, saisi avant sa première projection, a été défiguré par la censure. Lando Buzzanca ne convainc pas davantage que dans ses autres rôles tandis que Laura Antonelli est réduite à la portion congrue. Quant à Francis Blanche, égal à lui-même, il est malheureusement peu aidé par le doublage, systématique pour les acteurs non italiens.

 



26/02/2021
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