Cueillette de vieux films (Septembre/2)
Les innocents charmeurs (Niewinni czarodzieye), Andrzej Wajda, 1960
Médecin du sport et batteur de jazz à ses heures, Bazyli rentre chez lui avec une jeune fille inconnue. Ils passent une nuit chaste à parler. Le cinquième film de Wajda est très différent de ses précédents, le portrait d'une génération en devenir. Il porte la marque de son scénariste, Jerzy Skolimovski, qui deviendra réalisateur plus tard, de même que Roman Polanski, acteur dans un second rôle, ici. Il ne se passe quasiment rien dans Les innocents charmeurs, proche des films de la Nouvelle Vague, mais il y a un ton et une musicalité très touchantes pour saisir l'air du temps et aussi ce moment magique du début d'une histoire d'amour.
Charmante famille (Danger - Love at Work), Otto Preminger, 1937
Un avocat est chargé d'acheter une propriété auprès d'une famille excentrique. Ce ne sera pas une mince affaire mais il y trouvera une épouse. Preminger a quitté l'Allemagne en 1935. Appellé par Hollywood, il tourne cette screwball comedy en guise de coup d'essai. L'histoire est simplette, basée uniquement sur la loufoquerie de ses personnages tous plus dingues les uns que les autres. Le cinéaste, 7 ans avant Laura, signe un divertissement sans prétention, loin des chefs d'oeuvre du genre, ceux de Hawks ou de Capra, par exemple. Une petite mise en bouche avant de passer à des films bien plus sérieux.
Le lézard noir (Kurotokage), Kinji Fukasaku, 1968
La criminelle surnommée "Le lézard noir" kidnappe la fille d'un riche joaillier pour s'approprier son bijou le plus somptueux. Le film est culte auprès de certains amateurs pour son esthétique baroque et kitsch et son ambiance gothique flamboyante entre les films d'horreur de la Hammer et les gialli. Et aussi pour l'interprétation expressionniste de l'icône transsexuelle Akihiro Miwa dont Yukio Mishima était l'amant (dans la vie). Lequel Mishima fait une apparition sans paroles ni mouvements et signera l'adaptation théâtrale, un an plus tard. L'intrigue est sans grand intérêt et les rebondissements grotesques mais il y en a qui
aiment...
Les nains aussi ont commencé petit (Auch Zwerge haben klein angefangen), Werner Herzog, 1970
Des nains placés en institution se révoltent contre l'autorité et détruisent tout leur environnement. A la sortie du film, son deuxième, Werner Herzog a été traité de tous les noms, de misanthrope à fasciste. Les nains ... est manifestement une allégorie de la société des années contestataires mais son message est plutôt opaque. Héritier dégénéré de Freaks, le film est anarchique et narrativement obcur. Se succèdent des scènes grotesques et/ou gorgées d'humour très noir dans un déballage hallucinant de déferlement de violence ricanante. Dérangeant et provocateur, il ressemble à un pied de nez au conformisme tout en paraissant
montrer que la nature de l'homme est foncièrement haineuse et cruelle. Au moins, chacun peut se faire sa propre religion devant cet ovni filmique.
Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi), Luciano Emmer, 1951
Des touristes italiens débarquent à Paris pour une visite d'une journée. Un film choral qui se balade aux quatre coins de la capitale pour autant de petites histoires légères avec un soupçon d'amertume. Rien d'exceptionnel mais la promenade permet de (re)découvrir le Paris du début des années 50 avec notamment sa vie nocturne. Yves Montand y chante deux ou trois chansons qui collent bien avec la gaieté forcée et la mélancolie d'un film qui n'a pas marqué une date dans la carrière de Luciano Emmer mais dont le charme minuscule agit. Avec, entre autres acteurs, deux futures stars : Lucia Bose et Marcelo Mastroianni.
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