Carrousel de vieux films (Janvier/1)
Un couple parfait (Meoto zenzai), Shirô Toyoda, 1955
Une geisha fugue avec le fils d’un commerçant. Mais le père de ce dernier rompt les liens de parenté avec son fils et le couple se retrouve rapidement sans le sou. Un couple parfait est une comédie, au ton assez inhabituel dans le cinéma japonais de l'après-guerre. Un portrait sociétal avec une femme forte et sensible au premier plan et un homme faible, couard et paresseux, au second. Excellemment mis en scène avec une variété de prises de vue, le film est cependant assez répétitif dans son scénario (adapté d'un roman japonais). Il a été placé deuxième au classement des meilleurs films nippons de 1955, derrière Nuages flottants de Mikio Naruse.
Artistes et modèles (Artists and Models), Raoul Walsh, 1937
L'élection d'une reine de charité pourrait permettre à une agence de publicité d'éviter la banqueroute. Le film de Raoul Walsh (à ne pas confondre avec celui de Frank Tashlin) est rempli de bonne humeur dans une critique à peine esquissée du capitalisme. Les intrigues amoureuses sont simplifiées au maximum, ce qui est commun dans les comédies musicales (l'un des numéros a été mis au point par le jeune Vincente Minnelli). A part le bonheur de voir Ida Lupino, au physique et au jeu déjà très modernes, et brièvement Louis Armstrong (avec une chanteuse blanche ce qui créa un léger scandale, autres temps, autres moeurs), il n'y a pas grand chose à souligner dans ce film très, très mineur dans la carrière du grand Raoul Walsh, lequel était quand même plus à l'aise dans les films d'action.
Le rapace, José Giovanni, 1968
Un étranger a été engagé pour liquider le tyran au pouvoir dans un pays d'Amérique centrale. Le deuxième film en tant que réalisateur de José Giovanni est une coproduction franco-italo-mexicaine. Le film lorgne vaguement vers le western spaghetti mais la mise en scène n'est pas vraiment à la hauteur, nonobstant l'excellente partition musicale de François de Roubaix. La carte de l'exotisme latino-américain, pas désagréable, dissimule un temps le manque de nerf du scénario, hormis dans sa partie finale. Lino Ventura, solide mais pas très concerné, incarne un mercenaire viril et ombrageux qui dissimule sans doute un coeur (?). C'est un pari que d'avoir choisi un héros aussi antipathique mais malgré tout, cela va assez bien avec la tonalité nihiliste et désabusée de l'ensemble.
Un air de paradis (Penny Paradise), Carol Reed, 1938
Joe, capitaine d'un vétuste remorqueur à Liverpool, croit avoir gagné le gros lot au loto sportif, ignorant que son bulletin n'a pas été envoyé. Sixième film de Carol Reed et fleuron des comédies des studios Ealing dans les années 30, Penny Paradise est un film modeste et merveilleux dans sa description du petit peuple de Liverpool et de ce que l'argent fait ressortir de bon et de mauvais chez chacun. Le film est porté par le formidable Edmund Gwenn. On y apprend, entre autres, que Arsenal et Chelsea faisaient partie des meilleurs équipes de football anglaises à l'époque mais visiblement pas Liverpool, Everton ou Manchester United.
Tortillard pour Titfield (The Titfield Thunderbolt), Charles Crichton, 1953
La ligne ferroviaire de Titfield a été supprimée. C'était sans compter sur la ténacité d'une partie des habitants du petit village. Ce Clochemerle version anglaise est un pur produit des studios Ealing. Il n'a pas la finesse d'écriture des plus grandes comédies britanniques (Noblesse oblige, Passeport pour Pimlico ...) mais il en possède l'humour typiquement anglais avec l'éloge de la débrouillardise et de la mobilisation pour un intérêt commun. Une plaisante aventure sur rails, menée à toute vapeur jusqu'à bon port.
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