Cinéphile m'était conté ...

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Le cercle des universitaires disparues (Lire Lolita à Téhéran)

 

Le projet d'adaptation de Lire Lolita à Téhéran, paru en 2009, pouvait inspirer une certaine méfiance, avec un réalisateur israélien aux commandes (pas n'importe lequel, toutefois, celui des Citronniers, Eran Riklis), une scénariste américaine et un tournage en Italie. Il y a un côté Cercle des poètes disparus dans cette évocation d'une résistance littéraire et féministe aux injonctions islamistes du régime de Khomeini, mais le contexte est évidemment tout autre, bien plus dramatique. La nouvelle génération des jeunes femmes iraniennes n'a pas connu cette époque mais sa révolte, mondialisée grâce aux réseaux sociaux, résonne comme un écho à l'histoire des débuts d'une révolution qui a tôt fait de réprimer et de condamner. Le film, malgré la qualité de ses interprètes, Golshifteh Farahani et Zar Amir Ebrahimi (la coréalisatrice du fantastique Tatami), notamment, souffre un peu de la comparaison avec les longs métrages iraniens récents, dont le caractère d'urgence et d'intensité, avec des conditions de tournage in situ difficiles, donne un caractère d'authenticité plus frappant. Malgré tout, Lire Lolita à Téhéran en dit long sur la dictature sur les consciences d'une idéologie en marche et sur le combat solidaire qui y répond, sous le boisseau, en catimini, avec fierté, en l'occurrence dans un magnifique cercle des universitaires disparues, dont la lutte reste un symbole et une raison d'espérer, bien des années plus tard.

 

 

Le réalisateur :

 

Eran Riklis est né le 2 octobre 1954 à Beer-Sheva (Israël). Il a réalisé 9 films dont La fiancée syrienne et Les Citronniers.

 



27/03/2025
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