Sexe, drogue et télépathie (Queer)
Nul doute que la lecture de Queer, le roman autobiographique de William S. Burroughs, a fortement marqué Luca Guadagnino, alors adolescent. En recréant le Mexico des années 50 et la jungle équatorienne dans les studios de Cinecittà, son adaptation assume sa part d'artificialité et confirme le goût du cinéaste pour la stylisation extrême de sa mise en images, entre scènes réalistes et hallucinations. Le film est trop long dans sa première partie et presque grotesque dans sa deuxième, en dépit de plusieurs moments de grâce. Au fond, il y est principalement question d'amour, et de solitude et de vieillissement, aussi, mais l'alliance Burroughs/Guadagnino en vient à produire une expérience à base de sexe, drogue et télépathie (sic), avec sa poésie charnelle, sa fantaisie onirique et ses montées extatiques, très provisoires, cependant, car la chair est triste, n'est-ce pas ?. Doté d'un bande originale anachronique (Nirvana, Prince), Queer se présente peut-être comme le film le plus personnel du réalisateur italien mais il expose également au grand jour, et en même temps, ses qualités et ses faiblesses depuis, disons, le (trop) grandiose Amore. Le plus surprenant, finalement, réside dans la performance haut de gamme de Daniel Craig, tout en fragilité, bien loin du très viril James Bond.
Le réalisateur :
Luca Guadagnino est né le 10 août 1971 à Palerme. Il a réalisé 9 films dont Amore, Call me by your Name et Challengers.
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