Gitanes sans filtre (Carmen et Lola)
Inévitablement, Carmen et Lola rappellera Rafiki : amour entre jeunes femmes, romance pudique, rejet par une société patriarcale et sexiste. Le traitement de ce premier film de l'espagnole Arantxa Echevarria est plutôt sobre et tire parti de l'opposition entre deux caractères d'adolescentes : l'une est une sorte de garçon manqué, l'autre, plus dans le moule, est sur le point de se marier et considère l'homosexualité comme "anormale". Si l'attraction entre les deux reste crédible, l'évolution des sentiments de la deuxième peut sembler trop rapide. Mais le charme des interprètes, recrutées parmi la communauté gitane, réussit malgré tout à faire oublier cet écueil dans le droit fil d'une mise en scène douce et feutrée. Tout n'est cependant pas parfait dans Carmen et Lola et la vision de l'environnement gitan, des stéréotypes familiaux, en particulier, peut apparaître parfois outré. Arantxa Echevarria a pourtant restitué avec le plus de réalisme possible la vie quotidienne et les principes rigides qui emprisonnent les femmes dans un rôle bien défini au sein de cette communauté. Carmen et Lola, gitanes sans le filtre des traditions et des coutumes ancestrales, n'ont pas vraiment d'alternative. En jouant la carte du romanesque et en nous rangeant sans discussion aux côtés de ses deux héroïnes, le film fait le choix de la conviction et ne s'embarrasse pas de nuances. C'est malgré ou cause de cela qu'il séduit.
Classement 2018 : 94/223
La réalisatrice :
Arantxa Echevarria est née en 1968 à Bilbao. Elle a réalisé 7 courts-métrages.
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