Cinéphile m'était conté ...

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Le jour du pigeon (Songe)

 

Dans Songe, le propos de Rashid Masharawi ne passe pas par l'indignation ni par la colère mais par des armes qui se révèlent tout aussi efficaces, celles de l'amertume et de l'ironie, au regard du quotidien du peuple palestinien. La ligne directrice du scénario est bien humble en apparence, soit la quête d'un jeune garçon pour retrouver son pigeon qui s'est envolé mais ce n'est bien entendu qu'un prétexte pour nous faire voyager, de l'aube à la nuit, d'un camp de réfugiés en Cisjordanie à Haïfa, en passant par Bethléem et Jérusalem. Un périple dans un combi Volkswagen brinquebalant qui donne lieu à des rencontres inopinées, des explications familiales, des moments de tendresse et de solidarité, mais aussi des contrôles humiliants aux Checkpoints et une certaine idée de la paranoïa ambiante chez "l'occupant" israélien. Si le film s'intitule Songe, c'est sans doute, qu'à l'instar du pigeon disparu, l'espoir d'un futur sans contraintes ni affronts, vers une liberté chérie, reste toujours vivace chez les Palestiniens. Les films passés de Elia Suleiman l'ont démontré avec un sens du burlesque sans équivalent mais Songe, en toute modestie et douceur, contribue à dresser un état des lieux des plus objectifs, sans chercher à susciter une quelconque polémique.

 

 

Le réalisateur :

 

Rachid Masharawi est né en 1962 à Gaza. Il a réalisé 16 films dont L'anniversaire de Leïla.

 



03/04/2025
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