Féminisme coloré (Déesses indiennes en colère)
Pan Nalin a un message et il le fait passer en force. Celui-ci s'adresse d'abord à la population indienne et il est possible que sa façon colorée voire hystérique passe difficilement auprès d'un public occidental qui réclamerait davantage de subtilité. Il y a pourtant des raisons d'être en colère quand on est une femme en Inde, dans une société patriarcale où sa place est celle d'une épouse soumise, d'une mère ou, voyez les fantasmes, d'une fille délurée et consentante. Déesses indiennes en colère est moins achevé, cinématographiquement parlant, que La saison des femmes, sorti plus tôt cette année, mais son énergie, son humour et son souffle ont tendance à tout renverser. Le film ose différents changements de ton, du film de filles au thriller en passant par la comédie. Il explose les clichés en abordant tous les sujets, jusqu'à l'homosexualité, quitte à se disperser et à rester en surface. Qu'importe, c'est un film qui revendique un féminisme débridé dans un pays où l'excès fait partie de la norme. Sa conclusion est cependant plutôt glaçante, autant par ce qu'il montre et qui correspond à une terrible réalité, que par ce qu'il semble prôner et qui n'est pas acceptable.
Classement 2016 : 61/161
Le réalisateur :
Pan Nalin est né dans l'état du Gujarat. Il a réalisé Samsara en 2001 et La vallée des fleurs, 5 ans plus tard.
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